Michèle Bannay

découvrir le dispositif enfant d’aujourd’hui

Transmission de la pratique du dispositif enfants d’aujourd’hui

Vous souhaitez découvrir le dispositif Enfants d’aujourd’hui afin d’animer des ateliers ou d’intégrer cette approche à votre pratique professionnelle. Nous vous proposons des journées de transmissions, des ateliers, des compagnonnages.

Ces temps de transmission   s’adressent à tous les professionnels désireux
….d’accompagner les enfants dans la relation à soi, aux autres et au monde
…de soutenir les infinies potentialités de  l’humain.

 Les transmissions que nous proposons, permettent de s’approprier et de donner du sens par l’expérimentation et des apports théoriques, aux essentiels d’une relation fondatrice de l’humain.

Expérimentation de la posture et apports théoriques:  bienveillance, cohérence, reconnaissance, présence/ transmission.
Engagement, responsabilité.
Mise en œuvre d’un environnement sécure et comment le garantir.

Découverte et expérimentation des outils, pour accompagner l’enfant dans la relation à soi et à l’autre.
Tarif : 110 euros

Les compagnonnages s’adressent à toutes personnes ayant suivi une journée de transmission et souhaitant approfondir et découvrir de nouveaux outils.
Tarif : 90 euros

Les ateliers se font à la demande des associations, professionnels, formateurs. Ils s’adressent à des groupes de 8 à 15 personnes et se déroulent sur 2h30 à 3 heures.
Tarif à étudier ensemble

Les conférences se font à la demande. Elles peuvent être associées à un temps d’atelier pour expérimenter la posture et les outils.
Tarif à étudier ensemble                                                                                                                                                                                                              

Calendrier des transmissions 2018

Calendrier 2018

 

15 janvier : journée de transmission, Association des Rééducateurs , AREN 41, Blois (complet).

17 février : Amiens, La boite à outils de la famille,   rencontre et atelier.

14 mars : atelier organisé par la MGEN, semaine de la Santé mentale, « Parentalité et Enfance » Beauvais (Sur inscription à venir).

17 mars : journée de transmission, Beauvais (sur inscription avant le 3 mars).

26 mai : Creil, Biocoop, rencontre et atelier (sur inscription)

09 juin : journée de compagnonnage, Beauvais (sur inscription avant le 26 mai).
ouverte à toute personne ayant participé préalablement à une journée de transmission.

Pour tous renseignements :

Contact@enfantsdaujourdhui.fr

Michèle Bannay : 06 12 61 71 04

Anne Bordage :     06 03 87 23 16

 

 

Développer le sentiment d’appartenance

Se sentir appartenir à son groupe de pair, à sa famille, à son quartier, avoir sa place dans le monde et dans l’univers est fondateur pour tout être humain. Le sentiment d’appartenance pleinement vécu, dans le respect de soi et de l’autre permet à chacun de se sentir légitime dans le groupe, dans l’assurance de pouvoir compter sur et pour le groupe. Cela contribue à apaiser les relations, permet de développer la coopération, l’entraide, l’intégration des enfants différents, en difficultés scolaires ou dans la relation aux autres. 

C’est ce que je  développe dans cette vidéo:
https://www.youtube.com/watch?v=mOv_dXJVI8M&t=4s

Vous trouverez dans notre ouvrage les fiches qui permettent de mettre cela en oeuvre grâce aux outils que nous proposons. Le blason, la “toile d’araignée” sont des outils possibles,   il en existe d’autres et vous en inventerez surement ! 

blason

Le Blason, réalisé par “La classe des vampires” !

 

Lors du congrès de la Fnaren, nous pratiquons l’exercice de “la Toile d’araignée” en atelier. Nous formons la toile en lançant la pelote de laine.

 

toile d'araignée fnaren

Puis , nous la déposons au sol, tranquillement. Le temps est au ressenti et à la réflexion sur ce que cet exercice met en mouvement en nous.

toile d'araignée au sol

Chacune, chacun coupe ensuite un brin de laine, qui restera notre lien à ce travail en groupe. Se relier, se délier, s’allier , voici les mouvements vivants de la relation.

 

congrès FNAREN

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Enfants d’aujourd’hui sera présent au congrès de la FNAREN qui se déroulera à Hyères du 29 mars au 1er Avril 2017.

mercredi 29 mars, de 18h à 19h30, nous explorerons comment le dispositif enfants d’aujourd’hui peut nous aider à faire vivre une école prévenante et bienveillante

vendredi 31 mars, en atelier nous expérimenterons quelques outils du dispositif que vous pourrez mettre en oeuvre dans les classes et dans vos groupes de travail.

http://congres-fnaren-2017-hyeres.com/

Pratique d’une autre Education

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Les enfants seront et feront le monde de demain. C’est notre mission et tâche de les soutenir dans ce passage là. Sur cela s’appuie notre travail et des propositions de changement pour la Pratique d’une autre Education. Le dispositif Enfants d’Aujourd’hui permet la transmission de cette pratique

Transformer la relation adulte enfant

La Pratique d’une autre éducation prend ses racines dans un changement essentiel et profond de la relation adulte-enfant. Dans la mouvance que nous traversons actuellement, les enfants nous appellent et attirent notre attention sur ce qu’il y aurait à transformer en profondeur. Amener un enfant à plus de conscience et d’attention sur soi et dans sa façon de se relier aux autres ne s’enseigne pas dans un cours, c’est une connaissance et non un savoir. Cela demande que l’adulte  soit lui-même engagé dans une recherche  de son être. Il transmet alors une intelligence de l’être où la connaissance intérieure est fondation

L’EDUCATION est essentielle car elle est une transmission.

Vivre ensemble une expérience du sens, partager ce qui donne sens à ma vie. Nous sommes tous et chacun éducateur, pour le bon et le moins bon. Tout éducateur, au sens le plus large, aurait à être en très grande vigilance et se demander s’il réalise en lui-même et dans sa vie ce qu’il enseigne.C’est le principal changement à pratiquer en réalité dans la relation adulte-enfant.

Un adulte relié à la totalité de qui il est, prenant sa place en tant que personne et non seulement, dans sa fonction exécutant des missions, a une autre façon d’entrer en relation avec l’enfant.  Cet adulte est à sa place d’adulte, se positionne clairement, témoigne de ce qu’il vit et marque les liens de différenciation des générations et d’autorité. Il est un être humain, il a des savoirs, des pouvoirs et considère l’enfant, comme dit Catherine Dolto, comme un véritable interlocuteur.

La rencontre ouvre alors dans ces conditions au sentiment d’appartenance. Il devient plus aisé de  se sentir appartenir adultes, enfants, petits et grands, au même monde chacun à sa place et dans sa fonction: l’enfant, celle de grandir et d’apprendre,  l’adulte, celle d’accompagner et de transmettre.

Des conditions sont nécessaires à ces transformations. Il est primordial de mettre en place un environnement sécure autour des enfants , afin que chacun puisse  construire sa  sécurité intérieure, mobiliser ses ressources, faire l’expérience de la sécurité lorsque celle-ci peut faire défaut dans l’environnement familial. Nous avons aussi à les aider à devenir acteur de leur vie,  être engagés et responsables dans ce qu’ils disent, font et vivent, dans la recherche de leur autonomie et de leur indépendance.

Cela étant mis en place et assuré pour chacun, adultes et enfants, nous  proposons  des  exercices, qui permettent d’accompagner les enfants vers une meilleure connaissance de soi et de leur relation aux autres, de leur place dans leur environnement familial et social, et au-delà dans leur place de petit humain au sein d’un monde plus vaste, planète, cosmos, univers.Ces exercices peuvent être pratiqués dans des ateliers, à l’école, dans les centres de loisirs, à la maison.

Les changements attendus sont :

Le développement de la conscience de soi et l’authenticité dans l’expérience du groupe.
Une meilleure connaissance de soi, avec entre autre un repérage de ses ressources et fragilités.
Le développement de la responsabilité personnelle et esprit d’initiative/décision.
La capacité de se relier à ses émotions et sentiments, apprendre à « dire » clairement ce qui est ressenti (messages directs et indirects)
Soutenir  la capacité à être en relation, savoir se positionner de façon constructive avec des personnes ayant une fonction d’autorité.
Le développement de l’imagination en tant que ressource interne. Etre soi, avec  soi et non contre, au présent.Développer la capacité d’intégration dans son contexte naturel et social. Penser, se concentrer.

Ce que les enfants disent:

Maintenant tout va bien.J’écoute plus. J’oublie ce qui est passé. Je suis maintenant.
Cela m’a aidé à comprendre comment avoir une flamme à l’intérieur de moi.
La prochaine fois je ferais l’arbre à l’intérieur de moi.
J’ai grandi. J’ai plus de copines, j’ai plus confiance, j’arrive mieux à parler aux autres.
J’ai fait un pas de géant. Je parle, dis mes émotions.
Je sais que les autres peuvent aussi m’aider et pas que me traiter.Je dis moins de mots méchants, je traite moins les autres.
Je donne moins de coups de poings, je parle plus et je dis ce que ça me fait.J’ai moins peur quand je suis tout seul. J’aime pas encore ça mais je peux rester seul. Et j’aime bien qu’on m’aide.
C’est la première fois que j’ai des amis.
J’arrive mieux à m’endormir. Je respire, je me détends et me relâche plus facilement. Même si je suis encore très énervéeJe peux me débrouiller seul maintenant ; je sais comment faire pour me calmer.Je peux dire quand j’ai envie ou pas envie de faire quelque chose avant je n’osais pas.
Je peux me concentrer plus en classe. Du coup je travaille mieux.
Mon corps, il commande moins.C’est moi qui lui dit maintenant et je gigote moins.
Je réponds aux questions de la maîtresse, j’ai plus peur de me tromper.
Ce qui m’a le plus aidé, c’est d’être écouté sans qu’on me juge. 

Liens en Fête

Des liens à tisser, nouer, jouer, masser, respirer, regarder, écouter, goûter, sentir, ressentir, bébés, enfants, adolescents  adultes, parents et grands parents ont nourri cette Fête du Lien,
venus de tout près ou de loin, apportant  leur joie ou leur peine, leur solitude ou leur convivialité et toujours leur humanité.
 Bravo et merci à tous ceux et celles qui ont fait vivre ces deux journées, dans l’engagement, la transmission et  la bienveillance. 



Nous sommes tous acteurs et responsables du changement que nous souhaitons et sentons comme nécessaire pour que  chacun puisse grandir en sérénité, relié à l’essentiel de soi, de l’autre, de sa famille, son quartier, sa ville, son pays, relié aux forces de l’univers. 

Vous avez apprécié les journées LIENS EN FÊTE et souhaitez retrouver des personnes  qui ont animé les ateliers, voici les liens qui peuvent vous être utiles:

Café culturel et ludothèque du Tcho Café, Isabelle, Adeline, Emilie, Claire, Céline, Ludo, Nathalie… 
http://www.tcho-cafe.com/

Yoga enfants-adultes animé par Nathalie Devey
http://www.sorege.fr/

Et si on se mettait à la place de nos enfants! animé par Laurence Kempinski Delpierre 
http://www.elanse.fr/ 

Massage bébé, massage parents-enfants animé par Karine Baudel
http://massagebebe.over-blog.com/ 

Crayon coopératif et autres jeux, proposés par Adeline Tavernier, animatrice à l’OCCE 
http://www.occe60.com/

Communication familiale, roue des émotions, proposé par Eléonore Lespiac et Karine Le Goaziou
http://www.harmonie-art-de-vivre.com/

Le Cube Tissé  proposé par Céline Larvor, Artiste Plasticienne, Beauvais

Jeux de cirque animé par Marcial, formateur à l’école du cirque La Batoude  
http://courbet.wix.com/batoude-20122013  

Soupes et autres grignotages offerts par Nathalie Cornet, magasin biocoop de Beauvais
 http://www.biocoop.fr/magasins-bio/trouver-ma-biocoop/picardie/oise/au-panier-bio

 Nous étions reçus par l’Asca et le cinéma Agnès Varda, 
Françoise Michaud animait les temps cinéma 
http://www.asca-asso.com/



Pratique d’une autre Education dans un atelier « Enfants d’aujourd’hui ».

En groupe, des enfants de six à douze ans, accompagnés de deux adultes et deux assistants juniors, sont, font et vivent ensemble durant trois journées.
L’objectif :
Aider ces enfants à changer ce qui les dérange dans leur vie (colères, plus ou moins d’ estime de soi,concentration, agitation….).
Comment :
Dans une relation adulte-enfant réellement engagée et responsable, en soutenant le sentiment d’appartenance au groupe, en assurant les conditions d’une relation soi/nous sécure, nous aidons l’enfant à être acteur de sa vie. Des activités sont proposées etservent de médiation, de déclencheur, de support.
Les effets:

Enfants et adultes expérimentent le bien-être de se rencontrer, de vivre ensemble et d’apprendre en coopération, joie, créativité, dans une relation sereine ou le commun est une force et les différences sont une richesse.

Ce travail est développé sous une autre forme dans les écoles.

La toile d’araignée

Nous avons repris l’exercice de la Toile d’araignée ( cf archives 2013) qui avait été « râté » en début d’année  . Nous nous sommes rendus compte que les enfants n’ont pas réussi à contrôler leur impulsivité la première fois mais aussi qu’ils ne donnaient pas sens à cet exercice. Pour certains, jouer à s’emmêler est devenu leur objectif, qui n’était bien sûr pas celui de l’adulte!! Les enfants cette fois-ci sont demandeurs pour refaire « la toile d’araignée ». (suite…)

Fabriquer un objet protecteur

Face à l’insécurité queIMG_0030 nous ressentons pour beaucoup d’enfant de la classe d’Olivia,     nous décidons de fabriquer un objet protecteur. Nombreuses sont les peurs et les raisons de se sentir en danger ou en insécurité. Cet objet symbolise tranquillité, sécurité, protection. C’est un support ressource, une précieuse alliance pour aller à la rencontre de soi et des autres. Les sociétés traditionnelles connaissent la puissance symbolique des objets rituels ; les enfants la perçoivent et la reconnaissent rapidement. Les objets fabriqués sont conservés longtemps, les enfants s’en servent dans les moments difficiles. Des enfants ayant participé aux ateliers, ont témoigné de la force soutenante et vive de tous ces objets après plusieurs années.
Je commence avec une saynète réalisée avec des peluches. Les animaux vivent bien heureux, entourés de leurs familles et de leurs amis dans la forêt. Une tempête se déclenche et tous les repères sont brisés, les animaux sont coupés de leur points de sécurité, ils se retrouvent seuls, leur environnement est détruit. Ils tremblent, se réfugient dans des cachettes et n’osent plus rien faire. Au bout de plusieurs jours et nuits, ils partent à la recherche de leurs parents, de leurs amis et d’un endroit pour vivre. Peu à peu, ils se rassemblent, se sentent plus fort à plusieurs. Dans une grotte ils découvrent un objet magique qui leur redonne force et courage, qui les protège ; qui leur redonne confiance. Ils peuvent alors continuer leur route et retrouver leurs parents perdus. A la suite de cette histoire, nous prenons le temps d’un retour sur soi : « Comme les animaux de l’histoire, m’est-il arrivé d’avoir peur, de me sentir seul, perdu, isolé, sans repère. Pour me sentir plus solide lorsque cela arrivera, pour retrouver du courage, je vais fabriquer un objet de protection. Il représente quelque chose qui peut me protéger ou protéger mes proches. Je le fabrique en y mettant ce qu’il y a de fort en moi. Ensuite je peux le montrer au groupe. puis, je le garde précieusement dans un endroit en sécurité, je peux l’emmener dans mon cartable, dans ma poche, le garder sur moi, ou le donner à une personne que je voudrais protéger. »

Différents matériaux sont mis à la disposition des enfants, coquillages, plumes, boutons, papiers colorés, ficelle, raphia, tissus, pommes de pin, perles, galets, toute sorte d’objet glanés au fil de nos ballades et trouvailles. Leur enseignante a ramené des chutes de tissus chatoyants que sa mère utilise pour fabriquer IMG_0029des vêtements. Ce matériel stimule l’imagination, il porte des souvenirs, une histoire.

Fatoumata demande si nous allons lui apprendre à faire cet objet. Cela correspond bien au modèle proposé par l’école, l’enseignante, montre donne un modèle et les enfants réalisent ou reproduisent. Ici nous faisons appel à leur imagination, ressentis, perception. Cela peut être un peu déroutant au début.

Jasone veut fabriquer une voiture. Pourquoi une voiture ? Est-ce que cela représente ses peurs ? j’en parle avec lui. Il y peu de temps, il a eu un accident avec sa maman, il était dans la voiture, quelqu’un est rentré dans la voiture, il a eu très peur. Cet objet de protection pourra l’aider à affronter cette peur qui revient quand il est en voiture maintenant.

Hervé me demande de l’aider à faire un nœud avec la ficelle autour des papiers qu’il a assemblé. « Je voudrais bien savoir faire les nœuds, comme ma maman ». Je lui montre, il essaye, puis fait tout seul. Lorsqu’il a fini son objet, je lui propose d’aider les autres à faire les nœuds s’ils en ont besoin. Cet enfant très agité et bagarreur d’habitude va être très actif pour aider ses camarades et aussi très fier de réussir et de se sentir utile. Il n’y a pas eu de conflits durant toute la matinée.

Dylan est un petit garçon très insécure. Toujours en recherche de l’attention de la maîtresse, le pouce dans la bouche, remuant sans cesse sur sa chaise, toujours prêt à se lever et à aller agacer son voisin… il ne parvient pas à prendre du matériel assemblé sur la table prévue à cet effet. Il grappille le matériel des autres, « vole » une plume par ici, un bout de tissus par là. Cela déclenche des cris, plaintes, débuts de bagarres. Je demande à Dylan de rendre le matériel et l’accompagne vers la table. Difficile de faire pour lui, de s’approprier quelque chose en son nom, difficile de choisir, trouver la sécurité nécessaire pour cela ? Dylan a besoin d’aide pour y parvenir. Une fois le matériel choisi, Dylan va fabriquer son objet dans le plus grand calme, très concentré. Les autres enfants s’apaisent autour de lui, certains lui propose le matériel qu’ils n’ont pas utilisé « parce qu’il le voulait tout à l’heure ».

Assia est une « primo-arrivante ». Avec ce barbarisme, sont nommés les enfants récemment arrivés en France. Ils bénéficient de temps de scolarisation avec un enseignant spécialisé pour les enfants d’origine étrangère dans cette situation. Au moment de montrer son objet, nous constatons qu’Assia n’a rien fabriqué. Pourtant elle avait choisi des morceaux de tissu et nous l’avons vue très active pendant la matinée. Olivia me fait remarquer qu’elle a aidé les enfants et n’a pas eu le temps de faire pour elle. Trouver sa place, s’intégrer au groupe, sortir de l’exil, construire la relation du soi au nous demande de gros efforts à Assia. Au point de s’oublier … nous remercions Assia d’avoir aidé les autres mais insistons pour qu’elle fasse cet objet pour elle. Un temps sera prévu ultérieurement.

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Se mettre en lien avec ses ressentis et ses capacités créatrices, affronter une grande peur et pouvoir la dépasser, se faire confiance et découvrir que je peux réussir puis être utile aux autres, se recentrer sur soi en sécurité, faire sa place dans le groupe tout en étant dans la reconnaissance de ce que je suis et de qui je suis… en fabriquant leurs objets de protection, les enfants ont pu repérer ce qui fait leur force et va leur le permettre de se sentir plus en sécurité avec eux-mêmes et avec les autres.

Les objets ont été placés par chacun dans des endroits protégés. Certains enfants dont le milieu familial est trop perturbé ont préféré le laisser à l’école.

La poupée russe

poupée russe

Quelques jours après la rentrée, Karine a proposé aux enfants de venir se présenter et d’écrire leur prénom sur une affiche qui restera bien visible sur la porte de la classe. Il s’agit de travailler avec les enfants l ’idée du groupe et de développer le sentiment d’appartenance à ce groupe. Les enfants sont intéressés et certains proposent d’amener leur photo. Mais les choses se gâtent, certains enfants se moquent des photos de leurs camarades. Lorsque l’affiche est accrochée sur la porte, l’enseignante entend des réflexions désagréables sur sa photo. Finalement, trois enfants n’apportent pas leurs photos et Karine pense qu’ils craignent les moqueries.

 

Lorsqu’elle me raconte cela, je sens beaucoup de déception et un certain malaise chez Karine. Je lui propose de partir de son ressenti pour reprendre cela avec les enfants. De retour en classe, Karine demande aux enfants de s’exprimer sur ce qui a pu se passer pour eux lorsqu’ils ont collés les photos. Pas de réponse, les enfants semblent avoir « oublié »… alors, elle parle de ce qu’elle a entendu à propos de sa photo. « Moi à ce moment -là cela m’a blessé, je me suis sentie triste et en colère et je me dis que cela a pu être difficile pour les enfants qui eux aussi ont eu des moqueries. Alors je n’accuse personne mais je tenais à vous le dire ». S’ensuit quelques échanges et certains enfants peuvent reconnaître que ce n’est pas facile quand on se moque. Les enfants concernés se taisent. Nous présentons alors la petite Poupée Russe.

 

Je raconte « Voilà comment elle se présente en général, quand elle ne connaît pas trop les personnes avec qui elle est, quand elle ne sait pas encore si elle peut faire confiance et jusqu’où elle peut le faire. Peu à peu, elle peut montrer plus de choses d’elle, se découvrir un peu, accepter que l’on s’approche tout doucement de qui elle est. Et en donnant à voir qui elle est à l’intérieur d’elle, elle apprend aussi à se connaître. Elle se découvre, découvre ses richesses intérieures et ses parents, frères sœurs, amis, enseignants, ceux qui sont proches d’elle et qui l’aiment sont émerveillés. (en même temps on ouvre peu à peu les différentes poupées, jusqu’à la plus précieuse, toute petite au cœur de toutes les autres.) Mais elle doit aussi apprendre à se protéger, savoir ce qu’elle peut donner ou ce qu’elle veut garder pour elle. Ce qu’elle ne montrera peut-être à personne, ce sera son jardin secret, sa flamme intérieure qu’elle doit réchauffer et ne jamais laisser s’éteindre.

Mais ce qui se passe parfois, c’est qu’elle est triste et malheureuse. Beaucoup de personnes lui font du mal, se moquent, l’abandonnent, ne lui donnent pas d’amour, la tape, la font tomber, l’humilie. Elle ne peut pas avoir confiance, elle a peur. Alors elle remet toutes ses enveloppes, mais parfois cela ne suffit pas. Alors elle met un masque pour se cacher, ne rien montrer d’elle (je colle un masque en papier sur les yeux de la poupée). A force, elle ne sait plus qui elle est. Elle peut devenir méchante à son tour, taper, se moquer, insulter. Ou bien elle peut se recroqueviller dans un coin et vouloir disparaître. A l’intérieur d’elle, ça fait mal, ça brûle. Elle ne veut plus rien sentir, elle ne sait plus qui elle est. Elle ne sait plus comment faire pour retrouver la joie. »

Les enfants écoutent, attention, concentration, les yeux grand ouvert. Ils savent que l’on parle de l’essentiel, d’eux. Ils savent de quoi parle la Petite Poupée Russe et ce qu’elle ressent. Une enfant se demande comment elle va faire, si elle devient méchante, car elle va rencontrer d’autres méchants et ça n’ira pas mieux pour elle. Elle ajoute, « moi, il y tellement de choses qui me font peur et qui me rendent triste que je ne trouve jamais la joie ».Quelques échanges avec les enfants. Nous leur demandons de réfléchir à ce que chacun d’entre eux pourrait faire pour éviter qu’il y ait des choses blessantes entre les enfants, dans la classe. Puis nous en restons là.

Le lendemain, Karine observe les enfants devant l’affiche des prénoms. « Tu sais, j’avais dit ça parce que je croyais que tu étais fatiguée sur la photo. » Les enfants échangent calmement, se posent des questions, le ton est apaisé. Les enfants cherchent à se réconcilier, ils ont trouvé comment faire, cela ne leur est pas dicté par l’adulte. Pas de morale, pas de punition, pas d’injonction. « Juste » faire appel à leur capacité d’empathie, à la part d’eux-mêmes qui a besoin de reconnaissance et à leur responsabilité dans ce qui s’est passé. Et leur faire confiance.

La toile d’araignée (1)

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Les enfants sont très agités dans cette classe. Une fillette parle sans cesse d’une voie aigüe tout en se dressant sur son siège, un petit garçon assis en travers de sa chaise suce son pouce, un autre se retourne et parle avec ses camarades. Je propose un petit enchaînement de Qi gong puis le jeu de la toile d’araignée. Il est fort difficile pour les enfants de se poser, certains vont y parvenir durant quelques courtes minutes. Les filles sont beaucoup plus réceptives.
Nous parvenons à faire tisser la toile, mais au moment de la poser au sol, quelques garçons se jettent au milieu des fils et commencent à s’enrouler. Cela se passe très vite, un des enfants se retrouve étranglé par le fil de laine et les autres continuent de rire et de tirer dessus. L’enseignante intervient rapidement et coupe la laine autour du coup de l’enfant. Elle a eu très peur que l’enfant se fasse étrangler, l’enfant quant à lui dit que « ça ne lui faisait pas peur, c’était pour jouer ».
Au départ Olivia veut punir les enfants. Cela ne me semble pas approprié, il me semble que les enfants n’ont pas réussi à se contrôler, que leur excitation était trop grande et que cet exercice était aussi mal choisi. Je l’invite à repérer ce qui se passe pour elle et à le dire aux enfants. Revenue en classe, Olivia exprime sa colère et sa peur aux enfants. Elle dit qu’elle est triste car elle aurait aimé faire ce jeu avec eux et leur demande de réfléchir et d’écrire ce qu’ils pourront faire la prochaine fois pour que tout le groupe parvienne à faire ce jeu et à le réussir.

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Les enfants qui ont embrouillé les fils rendent feuille blanche. Embrouillage, c’est bien de cela dont il s’agit dans cette classe. Comme si tout était parasité en permanence dans la communication, les liens entre les enfants et l’enseignante, les enfants entre eux. Ces enfants qui ne sont pas en mesure de savoir comment faire autrement, paraissent eux-mêmes dans cet embrouillage de la pensée, du corps, de l’espace, du temps. Ils ne se sentent pas responsables de ce qui s’est passé, ne semble pas mesurer la gravité de ce qui était en train de se passer. Comme s’ils ne pouvaient distinguer leurs actes et la portée de leurs actes, de leur corps, de leur parole, de leur être. Ils sont dans l’agir mais ne sont pas acteur de leur vie.
Le fait que cet exercice ait échoué et aurait pu même « mal tourner » constitue notre point de départ. Ce qui échoue révèle un manque, une faille. Comment aider ces enfants à se reconnecter avec eux-mêmes, avec qui ils sont et les aider à se construire dans une relation apaisée à Soi et aux autres ? Comment désembrouiller le lien, pour lui redonner vie et efficacité dans la relation. J’ai l’impression que ces enfants ne sont pas « bordés », contenus, englobés dans quelque chose de rassurant. Peut-être devrait-on commencer par les remettre en contact avec de la douceur, du doux, du bon, du chaud, du tendre. Commencer la classe par une musique douce, lire une histoire, porteuse de sens, un conte, prendre une collation, faire un dessin sur comment je me sens aujourd’hui. Peut-être mettre en place, un cahier de dessin, sur lequel chaque jour ils pourraient dessiner cela. Peu à peu leur demander quelle est leur émotion associée à ce dessin. Quand une certaine sécurité sera revenue, ils pourront exprimer cela devant les autres. Les amener peu à peu à faire silence à l’intérieur, et éliminer ce qui parasite la pensée et agite le corps. Prévoir plusieurs temps de pose ritualisés dans la journée Ensuite dessiner leur animal du moment. Faire vivre cet animal. Dessiner sa famille. Comment fait-il lorsqu’il a peur. Qu’est-ce qu’il aime. Quels sont ses rêves, Etc

Le blason

Depuis le début de l’année, nous menons avec Marise un travail dans sa classe de CE1, CE2. Pour les parents et les enfants, il s’agit de mettre en place les conditions du “bien vivre ensemble”. Nous avons travaillé sur le sentiment de sécurité, le sentiment d’appartenance, l’engagement et la responsabilité de chacun dans sa relation aux autres, dans son travail. Les enfants apprennent à résoudre les conflits dans un climat de dialogue et de confiance.

Au début de l’année, Khalil était en grande difficulté dans cette classe: refus de travailler, refus d’accepter les consignes et les règles de la classe. A plusieurs reprises, il s’échappe de la classe ou de la cantine, voire de l’école et les pompiers sont appelés pour venir le rechercher. Nous frôlons l’exclusion scolaire, souvent évoquée dans des cas semblables. Avec Marise, nous refusons fermement d’avoir recours à cette décision, qui ne semble en rien une solution. Cela demande un courage certain pour Marise qui est très ébranlée par les crises de cet enfant, se sent en échec, impuissante et incompétente. Elle craint les remarques et le regard des parents. Les enfants de la classe sont aussi choqués, perturbés par ce qui se passe. Pourtant nous sommes convaincues que nous avons à signifier à cet enfant qu’il a sa place dans cette école et dans cette classe, quel que soit son comportement et ses difficultés relationnelles. Khalil est d’origine algérienne et nous comprenons que l’intégration de cette famille dans le village est problématique. C’est bien du sentiment d’appartenance dont il s’agit pour cet enfant et sa famille. Nous signifions aussi notre position auprès des parents et Marise les rencontre régulièrement.

Divers exercices ont été proposés en classe pour développer ce sentiment et peu à peu l’attitude de Khalil s’est améliorée.

Hier nous avons créé le blason de la classe. Voici la consigne:
Sur une petite feuille (1/4 de feuille A4) je dessine ou j’écris ce que j’apporte au groupe
Sur une autre feuille, je dessine ou j’écris ce que le groupe m’apporte.
Ensuite, les enfants lisent devant le groupe ce qu’ils ont écrit et colle chaque feuille sur une forme de blason en carton, séparée en deux parties.Un bandeau est réservé sur le haut du blason qui servira à écrire la devise de la classe.

Khalil refuse d’écrire, il hachure l’une des feuilles au stylo (ce que j’apporte au groupe). l’autre feuille reste blanche (ce que le groupe m’apporte). “Moi c’est rien” dit-il.

Nous sollicitons le groupe pour aider Khalil.
Ce que Khalil apporte au groupe: tu apportes de la gentillesse, tu es joyeux, tu es un copain, tu tiens la porte, tu fais des blagues, tu as beaucoup d’humour. Ce que le groupe pense apporter à Khalil: on lui apporte de la gentillesse, on le laisse tranquille, il a des copains.

Khalil écoute, légèrement agité; difficile d’entendre qu’il compte pour le groupe, qu’il a sa place, difficile de recevoir des remarques bienveillantes? Mais quel chemin parcouru depuis le début de l’année, pour tous, enfants et adultes.

Spirale

Spirale réalisée lors de l’atelier 
“enfants d’aujourd’hui” du mois de février. 
Laisser les sens et la créativité exprimer ce qui a été vécu pendant les trois jours de l’atelier. La joie est immense lorsque nous rassemblons les différents morceaux sur un grand tissu étendu sur le sol.   

Cette réalisation collective renforce le sentiment d’appartenance. Elle nous parle de la richesse des différences, de la force du commun, de la relation du Soi au Nous. 

Michèle, 26 mars 2012

Le conflit fait parti de la relation: une situation.

Lors d’un conflit les enfants sont invités à exprimer leurs ressentis. Dire ce qui s’est passé pour soi, sans porter de jugement ou accuser l’autre. Parfois cela est difficile, la blessure est profonde et les enfants préfèrent se couper de ce qui se passe pour eux. « Rien, ça me fait rien » L’adulte ne cherche pas à moraliser ou à apporter des explications extérieures et parfois lointaines de ce qui s’est passé vraiment et intimement pour les enfants. Il laisse le temps à l’enfant de se mettre en lien avec lui, d’accepter sa propre douleur. 
 
Les enfants sont invités à écouter ce qui se passe pour l’autre. « ça te fait quoi, quand Marie te dit qu’elle a de la peine si tu te moques d’elle ». Le groupe peut être sollicité, chacun va pouvoir parler de son expérience. Tous ensemble, nous réfléchissons à ce qui pourrait aider les enfants dans la situation conflictuelle. Les enfants cherchent une solution qui convient à chacun. Le conflit est résolu, lorsque chacun s’est senti écouté, entendu et qu’il peut garder la tête haute, ne pas avoir à sauver la face pour cacher la honte d’être mauvais, la culpabilité d’avoir mal agit ou l’humiliation de la punition. La relation, ça s’apprend.
 
Chloé, 8 ans, est très dynamique. Elle se déplace rapidement à travers la salle sans prendre garde à ce qui se trouve sur son passage. Au détour du chemin qui devait la mener jusqu’à une paire de ciseaux, elle piétine le collage d’un participant. Et continue sans prendre en compte la tête complètement dépitée de Thibaut. Je prononce “ stop ” à l’ensemble du groupe et demande au garçon ce qui se passe. “ Rien ” dit il en se recomposant rapidement un visage souriant et aimable. “Ce n’est pas ce que je vois ” et je décris la scène de mon point de vue, au sens littéral du terme. Chloé prononce rapidement “ j’ai pas fait exprès, c’est pas grave ! ”Nous lui demandons d’écouter comment ce geste a été vécu par Thibaut. Lequel prend le scénario de Chloé, c’est pas grave, et explique qu’il va refaire la partie du collage abimée. Nous insistons sur ce qui s’est passé vraiment à l’intérieur de lui. Tout le groupe autour de lui est en attente. Après des mimiques diverses et variées, Thibaut laisse, à nouveau son visage décomposé revenir. Un enfant du groupe suggère: “t’es triste” “ Oui, c’est tout le temps comme ça ” Comment comme ça. “ on abime toutes mes affaires, tout le temps, je suis habitué. ”Et nous avons continué tous ensemble avec des questions et des échanges d’expériences à aider Thibaut et Chloé à mettre de la lumière sur la vraie réalité du vécu de cette scène, somme toute très banale et anodine. Il suffit de regarder une cour de récréation quelques secondes pour se retrouver devant une cascade de scènes du même type. 

 

Thibaut est parvenu à dire que malgré l’habitude, la colère s’accumule et, que si il vient à l’atelier, c’est parce que de temps en temps cette colère sort et qu’il se tape la tête contre les murs. Chloé quant à elle peut prendre la mesure de ce qu’elle déclenche par ses gestes incontrôlés et le manque d’attention à l’environnement des autres. 

 

La possibilité de nommer ce qui se vit véritablement au présent avec le soutien et partage du groupe constitue l’amorce d’une acceptation de ce qui est, le changement démarre là.
Michèle

mieux vivre les conflits

Lors des échanges avec les collègues mais aussi avec les parents, la question des conflits entre les enfants revient souvent. En général, les réponses des adultes alternent entre la discussion autour de ce qui s’est passé en tentant d’amener des règles et la valorisation de ce que serait la bonne conduite et la punition: mise à l’écart (piquet !) pour se calmer, privation, “des lignes”. La difficulté pour l’adulte réside dans la compréhension du conflit au niveau des faits: que s’est-il passé, qui a commencé, avec en filigrane une tentative pour déterminer qui est “le coupable” et “la victime”. Si la punition renforce cette distinction, le coupable en sort secrètement humilié. Ayant “perdu la face” il aura à cœur dès que possible de la “regagner”. La victime est renforcée dans son rôle de victime. La punition dans ce cas, renforce le conflit plutôt qu’elle ne le désamorce. Et de plus elle n’a pas fonction éducative.  Nous proposons une autre manière d’aborder le conflit qui permette aux enfants de comprendre ce qui se joue dans la relation, au niveau du ressenti.
Quelles sont les émotions qui ont provoqué cette réaction d’agressivité verbale ou physique, quelles blessures ont été réveillées, qu’est-ce qui est à ajuster pour que la relation puisse Etre, dans l’apaisement?   La place de l’adulte y est différente, il n’ est pas là pour arbitrer mais pour accompagner les enfants et servir de tiers. Si besoin, il évoque ses propres émotions face à ce conflit. ” Je suis vraiment triste lorsque je vous vois vous  bagarrer ainsi“. “ou bien “je suis très en colère car je ne peux travailler en paix dans la classe”.   Il oriente les enfants vers leurs ressentis et les incitent à trouver ensemble une solution convenable pour chacun. La mise à l’écart  prend alors un autre sens. Elle peut être un temps de retour sur soi, pour ce mettre en lien avec ce qui se passe à l’intérieur de soi et trouver un peu d’apaisement nécessaire. Elle n’est pas porteuse d’humiliation.
 
Maryse met en pratique cette manière d’aborder les conflits dans sa classe, elle témoigne: ” J’interviens de moins en moins pour tous les petits conflits quotidiens. Parfois la situation est évoquée en groupe. Chacun propose des solutions pour que cela s’arrange. Parfois les enfants concernés vont dans le couloir et cherchent ensemble une solution. la classe est plus apaisée et moi je suis moins fatiguée. Avant tout passait par moi et j’avais l’impression que je ne faisais plus que ça!
Michèle

Grandir en sécurité.

 
Le sentiment de sécurité est essentiel au développement harmonieux de l’enfant. Il est une composante fondamentale de l’équilibre affectif de la personne. Ce sentiment se construit à partir des expériences quotidiennes, il n’est pas stable et peut être mis en cause par des évènements extérieurs ou des modifications du contexte de vie. Il s’exprime à différents niveaux. 
 
Depuis de nombreuses années, Hubert Montagner insiste sur la nécessité de mettre la sécurité affective au centre des réflexions et propositions de changements pour l’éducation. Les enfants sécures entrent plus facilement en relation avec des personnes non connues, ils recherchent et acceptent la communication, les situations de séparation sont vécues sans stress ou détresse. 
Ils peuvent donner d’eux-mêmes, montrer qui ils sont, accepter de faire en affrontant la possibilité de l’erreur ou de l’échec. Ils ont une meilleure alternance du rythme veille-sommeil et une plus grande liberté pour explorer de nouveaux espaces. La construction des notions d’espace et de temps en sont renforcées. 
 
« Les enfants non sécures se comportent comme s’ils avaient peur d’être délaissés ou abandonnés ou comme s’ils se sentaient en danger. Ils se protègent en ne donnant rien à voir d’eux ; ils se recroquevillent ou prennent un rôle d’emprunt dans l’opposition, la confrontation, l’insolence pour ne pas perdre la face, ne pas donner à voir leur humiliation et leur grande tristesse de ne pas se sentir reconnu et accepté pour ce qu’ils sont. Des comportements de déviance, de violence, d’apathie ou d’hyperactivité, de retrait comme le refus de penser, d’apprendre, de s’intéresser au monde, augmentent. Ces enfants refusent l’aide car elle devient source de plus d’humiliation, les met encore plus en dette vis-à-vis des adultes. La culpabilité de ne pas y arriver, d’être “ méchant”, de ne pas être ce que les adultes attendent d’eux est importante. Les enfants non sécures ont plus de mal à se protéger et à se défendre des agressions extérieures, humiliations, moqueries, harcèlement. Toutes les agressions enfantines des cours d’école sont alors vécues comme des traumas et peuvent amener aux tentatives de suicides. (Boris Cyrulnik, Fenêtre sur cours, oct 2010, N° 359). L’insécurité affective est déterminante dans l’échec et le décrochage scolaire.
Michèle
 

Comment assurer un environnement sécure?

 
Pour se sentir en sécurité, un enfant a besoin de repères stables et fiables. Ces repères concernent l’organisation de sa journée, la clarté des attentes à son égard, les règles de vie.
Il a besoin de se sentir aimé, respecté et reconnu pour qui il est, à travers ses paroles, ses réalisations, l’expression de ses émotions.et quelles que soient ses fragilités, difficultés d’adaptation ou de comportement : colère, agressivité, repli, refus de communiquer, attitude de provocation…
Il a besoin de pouvoir se référer, s’appuyer, se confronter, se ressourcer auprès de personnes aimées sur lesquelles il peut “ compter ”.
Il a besoin d’être protégé contre les actes blessants. Lise Bourbeau, fait référence aux cinq blessures qui affectent l’être humain : l’humiliation, la trahison, le rejet, l’abandon, l’injustice.

Dit ainsi, cela paraît évident et les parents à la maison, les enseignants à l’école, les éducateurs peuvent se sentir en accord avec cette nécessité. Ils se disent que bien sûr c’est ce qu’ils font déjà.

 

 Une maman : 
de toute façon, mon fils, c’est un fainéant. A la maison, il sait rien faire tout seul.”
Un enseignant : « Antoine, si tu continues comme ça, je te renvoie à l’école maternelle ». « Marie, si c’était pour dire ça, ce n’était pas la peine de lever la main ».
Un enfant en moyenne section : lui, il fait tout nul. Il sait même pas faire les boucles.
A-t-on à l’idée que ces petites phrases dites parfois sans vraies convictions, par habitude, lassitude, facilité peuvent être extrêmement blessantes pour les enfants et en particulier pour les enfants non sécures qui ne pourront s’appuyer sur leur ressources intérieures pour faire face. Pour se protéger, pour échapper ils se recroquevillent, se crispent, n’osent plus répondre quand on les questionne, n’osent plus lever la main en classe, n’écoutent plus l’adulte. 
Nous avons à établir un environnement sécure afin que chaque enfant puisse mobiliser ses ressources, grandir en paix et en harmonie.  Pour qu’un climat de confiance et de bienveillance soit assuré, la parole, les réalisations sont accueillies paisiblement, avec curiosité et attention à l’autre, en l’absence de jugement ou de commentaires négatifs ou positifs (il s’agit aussi d’un jugement !). A l’école, le travail n’est pas bon ou mauvais, il est exact, ou il y des erreurs, il correspond à ce qui est demandé où il peut être amélioré.
Les enfants sont accompagnés dans leurs avancées, ils peuvent demander de
l’aide aux adultes, aux autres enfants. La coopération, l’entraide sont recherchées.
Les adultes s’engagent dans cette démarche, ils en sont les garants mais aussi portent en eux, par leurs paroles et leurs actes, cette sécurité. Ils amènent le calme et l’apaisement. Ils prennent garde à éviter les situations et paroles blessantes. 
Michèle